Deux mois en Inde

J’ai l’impression que je viens à peine de publier un article sur mon premier mois en Inde, et ça fait déjà deux mois que j’y suis !

Even though I miss most of them, the sunsets are still really nice over here.
J’en rate la plupart, mais les couchers de soleil sont souvent magnifiques ici.

Depuis la dernière fois, ça va mieux. Parmi les  choses qui m’énervaient, j’ai réussi à accepter ou ignorer la plupart d’entre elles. Mais pour d’autres, c’est pire. Il s’est passé beaucoup de choses, ces quatre dernières semaines. Amma est partie de l’Ashram vous rendre visite en Europe, on a fait quelques escapades entre filles, je me suis baignée dans la mer et je me suis fait quelques amis indiens. Mon projet commence à prendre forme, et Trump a été élu aux Etats-Unis pendant que le gouvernement indien a décidé que tous les billets de 500 et 1000 roupies n’avaient plus aucune valeur. J’ai recommencé à travailler sur des projets en cours à Lausanne, j’ai déménagé dans une autre chambre et de nouveaux étudiants sont arrivés.

Project à Coimbatore

Un mois après avoircommencé à travailler sur mon projet, on commence déjà la manufacture. Si vous êtes curieux de savoir comment ça se passe de ce côté du monde, faites un tour par ici !

The Ricycle's first prototype bike
Avec l’ouvirer/artisan qui a construit la plupart des pièces et assemblé mon Ricycle, après quatre jours de travail.

L’atelier de manufacture se trouve sur un autre campus à environ 300km du campus où se trouve mon labo. Ne tombez pas dans le piège, ici, ça prend près de 10h pour y arriver. Dans mon nouvel appartement, je rencontre deux étudiants hollandais. Ils font aussi un projet ici, et c’est sympa d’avoir de la compagnie !

Amritapuri Ettimadai surroundings
Le campus d’Ettimadai, près de Coimbatore, est entouré de montagnes. L’atmosphère étudiante est plus sympa qu’à Amritapuri, et il fait plus frais pendant la soirée, ce qui est agréable !
One great thing about the Coimbatore campus is the Swimming pool... until dozens of kids jump into the water for training along the width of the swimming pool. The Ashram swimdress also makes training more intense!
La piscine de ce campus est aussi symapthique… jusqu’à qu’une bande de petits indiens se jette à l’eau pour un entraînement intensif dans le sens de la largeur ! Le “burkini” rend l’entraînement plus intense aussi.
odissi dance
On a eu la chance d’assister au spectable de danse “Odissi”, une danse traditionnelle d’une région au Nord de l’Inde. La danseuse, très pédagogique, expliquait le sens des mouvements et des paroles entre deux morceaux.

La vie à l’Ashram

Depuis qu’Amma est partie,c’est beaucoup plus calme. Il y a moins de personnes, mais aussi moisn d’activités et les boutiques sont maintenant fermées la plupart du temps. La piscine est fermée pour problèmes techniques. Un jour, après la méditation, Amma a grondé les swamis (moines) et dévots qui étaient arrivés en retard et leur a ordonné de courir autour du préau de méditation pour les punir. Depuis, les dévots marchent ou courent autour du préau tous les jours parce qu’Amma leur a dit que c’est bon pour leur santé. Je trouve ça hilarant de voir les indiens courir autour du temple pieds nus, en chemise et en “jupe” (qui s’appelle un dhoti, vêtement traditionnel masculin). Je rigole bien, mais je les ai quand même rejoints queleques jours par semaine pour m’entraîner à la course à pieds. En plus, ça calme. Je finis par des exercices de renforcement pour essayer de réparer mon genou qui s’est toujours pas remis de la course de 24h (Run24Dorigny) où j’ai couru un marathon “sans faire exprès” en juin.

robots and food, two of my faves
Un jour, un collègue du labo nous a invités à partager un repas typique nord-indien, qu’il a cuisiné dans le labo. Délicieux !

Des nouveaux amis arrivent, d’autres repartent. Parfois, on fait de la musique après le souper, et on mange des tonnes de gâteaux parce qu’on a des cartes pour la cantine à utiliser. On mange aussi tellement de pastèques avec Chris, un étudiant allemand, qu’on pourrait bien tous être enceintes d’un bébé pastèque.

Akshay with a snake
A l’Ashram, j’ai l’impression d’être au zoo… après les rats, pigeons et corbeaux, les blattes et les fourmis, cette fois-ci mon collègue a décidé de nous ramener le serpent qu’il a trouvé dehors.

Nos échappées belles

Ne me demandez pas pourquoi je ne suis pas partie de l’Ashram plus tôt, je me pose la même question ! Surtout depuis que je l’ai fait. Une partie de la réponse, c’est qu’avec tous ces jours fériés et grèves, on avait bien des jours de repos, mais personne ne nous prévenait ! Autrement, on serait partis en week-end il y a longtemps.

“Maison-bateau” à Alleppey

Avec trois autres filles de l’Ashram, on s’est offert une petite escapade pour une nuit, pour aller faire un tour de Houseboat (littéralement, maison-bateau, maison flottante ou encore péniche), qui sillonnent les canals et lacs des backwaters du Kerala.

Justine, Lise, Teresa and I, enjoying the cruise. How great to find ourselves in a girls group on the backwaters!
Justine, Lise, Teresa et moi, nous profitons de nous retrouver entre filles dans les backwaters ! 

Plage à Varkala

Une autre de nos escapades de l’Ashram, c’était le week-end passé pour aller à Varkala, une ville touristique balnéaire. Mon nouvel ami indien Khan m’avait parlé d’un festival d’arts et musique qu’il organisait, et comme je rentrais de Coimbatore c’était l’occasion parfaite de partir pour le week-end !

gigantic jellyfish
Simona et une méduse géante échouée sur la plage. Contrairement à quand j’étais petite en Nouvelle-Zélande, pas question de faire des batailles avec ces masses gélatineuses, on s’est bien fait piquer en se baignant !

J’avais trop  de choses à dire à propos de ces deux petites aventures, vous pouvez lire la suite de ces récits ici !

Trump, féminisme, malaise, etc.

Quand les élections aux Etats-Unis étaient en cours, je me trouvais dans mon atelier de manufacture à Coimbatore. Quand Trump a été annoncé futur président, je ne savais que penser de cette situation, j’étais en état de choc.

“To summarize the summary: anyone who is capable of getting themselves made President should on no account be allowed to do the job.” Douglas Adams (merci Johann !)

Je n’ai jamais pensé que Clinton était la candidate parfaite, mais j’étais persuadée qu’elle serait infiniment meilleure qu’un type misogyne, raciste et islamophobe. Je me suis sentie terriblement mal en tant que femme, je me suis sentie personnellement attaquée par ses violences répétées envers d’autres femmes. Je me sentais terriblement mal parce que la société ne semble pas en avoir grand chose à faire des violences sexuelles, et trouve ça normal d’avoir un président qui peut faire de telles choses envers les femmes. J’ai eu envie de ramper jusqu’à mon lit et de pleurer et attendant que l’orage passe.

Je me suis sentie terriblement mal parce que ces élections ont fait ressurgir des mauvais souvenirs de harcèlement et de violences que j’avais essayé d’enfouir au plus profond, et je sais que je ne suis pas la seule à me sentir comme ça. Des femmes ont été blessées autour du monde. Je me suis sentie blessée non seulement à cause de ce type qui m’effrayait, mais aussi parce que je me suis en quelque sorte identifiée à cette femme que j’admirais, j’ai réalisé, parce qu’elle est parvenue aussi loin et un homme blanc moins qualifié a quand même eu le job : “J’ai pleuré parce que ça vous fait quelque chose de toujours arriver deuxième.”

La seule chose à laquelle je m’accroche, c’est l’espoir que parfois, il faut se prendre une grande claque dans la gueule pour se remettre sur ses pattes. Faisons ça ensemble.

Monnaie Illégale

La veille de l’élection de Trump, on a eu droit à une autre mauvaise nouvelle. Sur le coup, on s’en est pas vraiment rendus compte, ça nous a plutôt fait rigoler. C’était après le souper, les hollandais et moi on regardait un film. Soudain, Jelmer, se lève, met le film en pause, et nous demande : “les gars, vous êtes prêts pour entendre la dernière nouvelle ?!” et il nous lit l’info sur la nouvelle situation monétaire. Le gouvernement a décidé d’annoncer soudainement que les billets de 500 et 1000 roupies, environ 8 et 15€, ne valent plus rien. Juste des morceaux de papier. Avec effet à minuit le jour même.

Notre première réaction était “Bon du coup on fait quoi, on prend un taxi et on va se bourrer la gueule ?”. Mais on a juste rallumé le film, confiants de pouvoir changer nos vieux billets en nouveaux et de pouvoir retirer de l’argent aux distributeurs sans souci.

One week later, the situation was slightly getting better: after waiting in line for 2 hours I was able to withdraw 2000 rupees from both of my cards.
Une semaine après l’annonce, la situation s’améliorait à peine : après avoir fait la queue pendant deux heures, j’ai réussi à retirer 2000 roupies sur chacune de mes cartes.

C’était sans compter qu’on est en Inde, pas en Europe. On ne s’attendait pas à voir les banques fermées pendant deux jours et les distributeurs vides pendant une semaine. On ne s’attendait pas à ne pas pouvoir être servis aux banques parce qu’on est étrangers. Et surtout, on ne s’attendait pas à ne pouvoir retirer que 2000 roupies (15€) au maximum par jour !

Heureusement pour nous, à l’université et à l’Ashram, on n’a pas vraiment besoin d’argent dans notre vie quotidienne. La situation aurait pu être bien pire. Je ne pourrais pas imaginer être en train de voyager ou alors de devoir payer mon séjour quelque part et prendre l’avion quand d’un coup tout mon argent est déclaré sans valeur. Nous, on a même réussi à s’échapper à Varkala presque sans argent. On avait entendu que les vieux billets étaient encore acceptés dans la zone touristique, et on en a bien profité. On espérait aussi que la situation monétaire serait un peu moins pire dans la ville que dans notre village : elle ne l’était pas.

A Varkala, c’est devenu une blague : “Pas d’argent !” on disait aux vendeurs. “Pas d’argent ? Pas de problème !” ils nous répondaient. “Revenez demain !” Mais quand je n’avais plus assez d’argent pour pouvoir m’acheter du savon, je trouvais la situation beaucoup moins drôle.

At that moment, I realised it was a real serious situation. Government was fighting corruption, but wasn't able to foresee the consequences of taking out all the biggest notes. People didn't have money. Banks neither. There were people queuing in front of each bank for hours, not even sure to be able to deposit their old currency or withdraw from their bank account.
A ce moment là, on a réalisé que la situtation était vraiment grave. Le gouvernement avait pris des mesures contre la corruption, mais n’avait pas été capable d”anticiper les conséquences dues à l’annulation de tous les gros billets. Les gens n’avaient plus d’argent. Ils faisaient la queue pendant des heures aux banques, sans pour autant être surs d’arriver à déposer leurs vieux billets ou retirer de l’argent valide.

Pause Spirituelle

Avec Amma absente de l’Ashram, l’ambiance spirituelle du lieu s’est trouvée réduite. De plus, avec tous mes voyages et une nouvelle coloc dans ma chambre, je ne pratique plus autant la méditation et le yoga. Maintenant qu’on est plus d’étudiants, nos conversations tournent plutôt autour des choses rigolotes qu’on constate en Inde plutôt que des découvertes spirituelles. J’ai lu quelques bons bouquins qui m’ont permis de mieux comprendre ce qu’il se passe ici, et je me réjouis du retour d’Amma pour me remettre dans l’ambiance.

Monkey sitting on a branch.
Le petit singe, bien songeur sur sa branche… Photo prise dans le village où j’implémente mon projet.

Ne pas “Se retrouver en Inde”

Beaucoup de personnes parlent de “se retrouver en Inde”, de se forger ou de trouver sa vraie personnalité. Pour moi, c’était le contraire, j’ai eu le sentiment de m’être perdue ! Avec tous ces stricts règlements de l’université et de l’Ashram, ainsi que la peur instillée par des gens qui n’étaient même pas allés eux-même en Inde, je ne me reconnaissais plus. Ajoutez à ça la découverte de la spiritualité à laquelle je ne comprenais rien, et vous comprendrez comment je me suis perdue au lieu de retrouvée.

Je marchais dans la rue, les yeux fixés sur mes pieds, effrayée de rencontrer à nouveau ces regards sales que j’ai remarqué une fois en marchant à côté d’indiens en allant à l’uni. Je restais dans mon environnement familier, sans même essayer d’explorer. J’étais paralysée par une peur qui n’était pas mienne, la peur que les gens ressentaient pour moi quand je leur ai annoncé mon départ en Inde. Tout comme au Brésil, au fond de moi, je n’avais pas peur, mais les gens m’avaient fait me sentir craintive.

Où était passée mon exploratrice intérieure ? Où était passée cette fille hyperactive qui partait toujours à la recherche de nouvelles aventures ? Je ne suis toujours pas montée en haut du plus haut bâtiment de l’Ashram, et c’est à une simple grimpée en ascenseur.

Getting high, on 14th floor, but still not on the rooftop.
Je m’approche, au quatorzième étage du bâtiment, mais toujours pas sur le toit…

Quand je suis sortie de l’Ashram pour la première fois et que j’ai pu sortir mon GPS pour vérifier une carte ou nos arrêts de bus, j’étais de nouveau moi-même. Pas perdue, confiante, et en m’amusant comme une folle. C’était incroyable de me prouver que je pouvais le faire, que je pouvais voyager en Inde avec mes amies et que je pouvais le faire seule. Ces petits pas m’ont prouvée que l’Inde n’est pas vraiment différente de tous ces pays où j’ai déjà voyagé, je sais comment rester en sécurité, et je n’ai pas peur.

After a MONTH AND A HALF, I went swimming in the sea. It was awesome, and I caught the cutest sunburn I've ever had. I can't believe I waited this long.
Après UN MOIS ET DEMIE, je suis allée me baigner dans la mer à l’AShram. C’était génial, et j’ai choppé le coup de soleil le plus chou que j’aie jamais eu. Je n’arrive pas à croire que j’ai attendu aussi longtemps avant d’aller à la plage !

 

Sweet escapes from the Ashram

Houseboat in Alleppey

Houseboats and kids in a kayak
The backwaters of Kerala are a very famous network of canals and lakes where houseboats can be rented overnight.

With 3 other girls from the Ashram, we decided to take 2 days off from spiritual life and go on a houseboat tour.

I had been tricked by a friend into believing renting a houseboat was crazy cheap. It is not. Actually we got the overnight rental for around 120€, 2 meals, driver and cook included. Okay, it is “cheap” but my friend was telling me 5€… I should never have believed him!

Justine, Lise, Teresa and I, enjoying the cruise. How great to find ourselves in a girls group on the backwaters!
Justine, Lise, Teresa and I, enjoying the cruise. How great to find ourselves in a girls group on the backwaters!

 The boat cruised along the canals, and we had glimpses of people’s everyday life. Men bathing, women washing pots, kids waving… The canals are their bathrooms and kitchens, as well as their roads.

We had shared one beer, which was delicious after more than a month in “no alcohol land”. Dinner was very tasty, and pineapple for desert was a must. We had “girlie girl” conversations, and were glad the driver didn’t speak English!

In the evening, before sunset, we had to stop our cruise as it was time for the fishermen to go out. Our cruise would resume in the morning.
We had breakfast and resumed our journey. to find ourselves in a gigantic lake. From the crowded canals (I can’t imagine the traffic in high tourist season), we suddenly found ourselves in the middle of fishermen, birds and vast stretches of calm water. The backwaters are definitely a must-see, especially if you can afford the houseboat experience!

Back in Alleppey, we met Teresa’s friends at Lemon Dew, where Khan cooked us a delicious lunch. In the afternoon, we went to have a massage for the girls and face care for me, and a walk around Alleppey. It was awesome to be on our own, outside of the Ashram, and actually doing this all by ourselves! I couldn’t stop smiling, we were on an adventure! A short one though, it is better not to be outside after sunset, especially as a woman. We asked around to find a bus back to the Ashram, and once in there got help from the locals to get off as close as possible and end our great journey in a rickshaw!

When we arrived near Lemon Dew, and these
When we arrived near Lemon Dew, and these “rasta” Indian guys showed up on their motorbike under the communist flag, I wasn’t confident. “Is this safe?!” I asked myself… Well Sanil and Khan greeted us as friends and we had a great experience in Alleppey thanks to them!
This is the houseboat we cruised in overnight. It is very comfortable, and we also had great food!
This is the houseboat we cruised in overnight. It is very comfortable, and we also had great food!
Some of the best food I've tasted here, Khan is definitely a great cook!
Some of the best food I’ve tasted here, Khan is definitely a great cook!
Nice view over Alleppey, we didn't stay there for long but it was a great first experience of going out on our own!
Nice view over Alleppey, we didn’t stay there for long but it was a great first experience of going out on our own!
Walking in the streets in Alleppey
Walking in the streets in Alleppey

Beach time in Varkala

Another escape from the Ashram, just a few days ago, was to the beach in Varkala. My new friend Khan had told me about a music and arts festival he was organising, and as I was coming back from Coimbatore it would be the occasion to visit this beach resort.

varkala beach and cliff
Varkala is famous for its long beach with the tourist shops and accomodation overhanging on “the cliff”.

With the new money situation (the government suddenly declared that all 500 and 1000 rupee notes were illegal, leaving the whole country wish worthless pieces of paper and empty ATMs for days), I had nothing left. Well, I had 100 rupees, which is basically 1.5€. India is cheap, but you’re still not getting very far with that money. Luckily, my partners in crime had some money in both old and new bank notes.

We set off after lunch, got an auto rickshaw ride to the bus station, hopped into a bus where a man was yelling “Kollam! Kollam!” and got there for less than 50 cents. Easier than we thought! Another auto and we get to the train station, where we discover they do not accept old currency despite the government’s sayings.

Simona and Peppiina, my travel mates for the week-end!
Simona and Peppiina, my travel mates for the week-end! “Ladies Only” wagon in the train, with great views on the landscape and backwaters through the open windows.

In Varkala, we walk along the cliff to find accomodation, and negociate a good price at Kerala Bamboo House. Our room is quite fancy, and we’re a short walk from both the beach and festival location.

Making new friends at the Off Beat festival. We were surprised to see many local men but no local women.
Making new friends at the Off Beat festival. We were surprised to see many local men but no local women.

Khan welcomed us at the Off Beat festival, where we had good food and drinks (fresh pineapple juice and rum is a new favourite for me). The band playing was great, transporting us through Indian rhythms, Spanish lyrics and reggae inspirations. The locals were very friendly with us foreigners, and helped us along the week-end.

gigantic jellyfish
Simona and a gigantic jellyfish. Loads of them were washed up on the beach, and many others stinged us while we were swimming. No jellyfish fights like back in New Zealand here!

The second day, we had breakfast at noon, then went to the beach. Hoping to get sun tanned but not burnt, we smeared sunscreen on our white bodies before diving playfully into the waves. Shortly after, we started to feel itchy all over, and Peppiina discovered a huge jellyfish on her lap! We all had stringy red marks on our skin, and decided to get out of the water for a while.

Out there, another surprise awaited us. Most of the people on the beach were westerners in bikinis and shorts. Some Indians walked along the shore, fully clothed. But when we raised our heads from our towels, we were surprised by two lines of a dozen Indians each, on either side of our sunbathing spot! Feeling observed, I decided to walk around and go hide in the ocean, trying to avoid the “selfies”. When I was back, the guys had moved to sit on rocks behind us and this was definitely and uncomfortable situation.

How to get rid of a line of suspicious Indians? Get a professional juggler to perform in front of them!
How to get rid of a line of suspicious Indians? Hire a professional juggler! All these guys were sitting behind us minutes before this picture.

Luckily, as we were covering up, a guy started juggling just in front of us. From us feeling observed, they soon became the centre of attention on the beach as they cheered and clapped at the performance.

We had a delicious dinner with fluffy puppies in the evening, and “Happy Hour” cocktails for 100 rupees. Luckily, all the businesses on the cliff accepted the old notes. Otherwise, nobody could buy anything and they would be as broke as we tourists were.

The money situation was serious, but the local people didn't seem that much bothered as they queued at the bank for hours, hoping to get money.
The money situation was serious, but the local people didn’t seem that much bothered as they queued at the bank for hours, hoping to get money. Notice Simona, the only white in line!

On our last day, we rushed around Varkala in a rickshaw to try to get money, but after a few hours, we returned empty-handed. We just had enough food for breakfast and going back to the Ashram, what an adventure!

Ricycle : Manufacture

Il y à peine plus d’un mois, j’ai eu l’idée de créer un vélo pour planter le riz pour mon projet en Inde. Je viens de passer quatre jours dans l’atelier de manufacture sur un campus à une dizaine d’heures de transport du mien. Ce post raconte comment ça s’est passé.

Manufacturing overview document and CAD drawings...
Présentation du projet et schémas pour la manufacture…

Jour 1

A peine un mois après avoir commencé à travailler sur mon projet, on attaque déjà la manufacture ! Aymeric, qui fait un projet dans le même labo et qui est allé avant moi aux ateliers de manufacture, m’annonce : « Un centimètre ». C’est la précision avec laquelle nos projets sembleraient venir au monde. Je ne sais pas si je dois en rire ou pleurer. En tant qu’étudiante en microtechnique, ça me fait quand même mal au cœur.

Dans mon atelier de manufacture, en plus des « tolérances indiennes », je remarque aussi les normes de sécurité à l’indienne, ou plutôt leur absence. Ici, les ouvriers sont pieds nus ou en sandales, et aucun d’entre eux ne porte ni gants ni lunettes de sécurité. Le bruit des outils est assourdissant, et je me retrouve à me boucher les oreilles fréquemment tout en détournant les yeux pour éviter l’éclat des soudures. Je serai heureuse si je ne ressors pas sourde et aveugle de ces ateliers !
Les indiens n’ont pas d’établi, ils travaillent à même le sol. Pour discuter du design, on s’accroupit par terre à côté de la pièce.

Discussions à propos d'une pièce. accroupis dans l'atelier de manufacture.
Discussions à propos d’une pièce. accroupis dans l’atelier de manufacture.

Mon projet, c’est une machine à planter le riz. Quand j’ai commencé à faire mes recherches sur ce qui se faisait actuellement, j’ai pu constater avec déception que beaucoup de choses existaient déjà. Des machines peu onéreuses aux monstres tracteurs industriels, le sujet semblait être couvert. De plus, en cherchant sur Youtube, on trouve d’innombrables projets étudiants de « machine à planter le riz ». Apparemment tous les étudiants en génie mécanique en Inde passent par l’étape machine – planter le riz. A quoi il sert mon projet alors ? Je ne voyais pas ce que je pourrais apporter à ce domaine. J’ai alors décidé de prendre une direction totalement différente. Plutôt de faire une médiocre machine que la fermière tire ou pousse à travers son champ, je vais créer une machine à pédales. Sur la base d’un vélo, avec le système transplanteur à l’arrière, je suis convaincue qu’une telle machine pourrait fonctionner. Après d’innombrables heures à rouler dans la gadoue lors de mes entraînements de VTT, je sais que c’est possible de pédaler à travers une profonde couche de boue. Reste plus qu’à leur prouver.

On rencontre l'artisan/ouvrier qui va construire la majeure partie de mon vélo...
On rencontre l’artisan/ouvrier qui va construire la majeure partie de mon vélo…

La manufacture, apparemment, ça commence par une prière. Je joins mes mains devant ma poitrine, ferme les yeux, et écoute la prière en malayalam. Je reconnais même certaines phrases, après un mois et demi à l’Ashram, je commence à les connaître, ces oraisons !

On commence par fabriquer les roues arrière. Bientôt, les grandes bandes d’acier seront courbées, soudées ensemble, et maintenues par des rayons. Hier, on est allés chercher un vélo d’occasion. Il me plaît beaucoup avec son côté « old school », mais il sera vite démonté par une bande de jeunes indiens, on ne garde que le nécessaire.

Mon nouveau vélo... qui sera vite démonté !
Mon nouveau vélo… qui sera vite démonté !
Voilà comment on fabrique des roues ! Des grandes bandes de métal sont courbées à la main, puis soudées aux rayons et au centre de la roue.
Voilà comment on fabrique des roues ! Des grandes bandes de métal sont courbées à la main, puis soudées aux rayons et au centre de la roue.
Construction des roues. La précision : pas plus que la largeur du trait à la craie.
Construction des roues. La précision : pas plus que la largeur du trait à la craie.
Tout feu tout flammes : qui ne voudrait pas être ingénieur quand son équipe de manufacture fait cracher du feu à un simple bicyclette ?
Tout feu tout flammes : qui ne voudrait pas être ingénieur quand son équipe de manufacture fait cracher du feu à un simple bicyclette ?

Jour 2

Ça avance vite, mon Ricycle commence à prendre forme. Quand je suis arrivée à l’atelier ce matin, j’ai découvert avec joie mes deux roues arrière presque terminées, et ça en jette. Quand j’essaie d’en soulever une, tout de suite, ça a moins la classe : elles pèsent autant que mon sac à dos de voyage ! À 13kg la roue (bon ok, un peu moins que mon sac à dos), je commence à perdre foi en mon projet… Comment est-ce que mes petites fermières vont arriver à faire avancer une machine plus lourde qu’elles ? Une roue de VTT solide, ça pèse moins de 2kg. J’aurais jamais imaginé que les miennes fassent plus du double ! Mon superviseur essaie de me rassurer : « au pire, on donnera ton système à un bœuf, il sera capable de le tirer ! ». La vache est sacrée en Inde, c’est le bœuf qui se tape tout le boulot. Moi j’ai du mal à voir la différence, mais s’ils le disent…

En arrivant les deuxièmejour, mes roues sont presque terminées ! A l'atelier, il n'y a guère d'équipement de sécurité, et mes yeux souffrent à chaque fois qu'ils s'arrêtent par mégarde sur un poste de soudure. Comme il y en a partout, c'est très dérangeant. Je ne suis là que pour quelques jours, je me demande comment les ouvriers font pour ne pas encore être aveugles !
En arrivant les deuxièmejour, mes roues sont presque terminées ! A l’atelier, il n’y a guère d’équipement de sécurité, et mes yeux souffrent à chaque fois qu’ils s’arrêtent par mégarde sur un poste de soudure. Comme il y en a partout, c’est très dérangeant. Je ne suis là que pour quelques jours, je me demande comment les ouvriers font pour ne pas encore être aveugles !

La raison de ce surpoids, c’est les matériaux utilisés pour mon prototype. Alors que des roues de VTT de compétition sont en alu léger, les miennes sont en acier de forgerie (j’essaierai de noter le nom précis plus tard). Si on met moins de matière, ce ne sera pas assez solide pour l’utilisation.
Les autres matériaux et pièces utilisées pour mon Ricycle sont principalement issus de la réutilisation de tout ce qu’on peut trouver autour de l’atelier. Pour les vitesses, on échange le plateau et le pignon afin d’avoir un vélo facile à pédaler ; pour le système transplanteur, on récupère une bande à scier le bois et on tranche des morceaux dedans. L’idéal, ç’aurait été d’avoir des lames flexibles, mais quand je les vois taper dessus au marteau pour les aplatir, je me dis que la flexibilité ça va pas être ça. Ils ont pas suivi le cours de matériaux de première année qui dit que plus on travaille un métal, moins il est malléable. Bref

Contrairement à l'atelier de mécanique où j'ai fait mon stage d'usinage en deuxième année, ici, tout semble être rouillé. Les matériaux sont les moins chers possibles, ce qui change la donne au niveau du poids, de la résistance, etc.
Contrairement à l’atelier de mécanique où j’ai fait mon stage d’usinage en deuxième année, ici, tout semble être rouillé. Les matériaux sont les moins chers possibles, ce qui change la donne au niveau du poids, de la résistance, etc.
J'avais fièrement décidé d'introduire des lames flexibles dans mon mécanisme afin d'éviter l'utilisation de ressorts (spéciale dédicasse au Professeur Henein). Je trouvais ça très intelligent jusqu'à que je voie comment ils tapaient sur des bandes à scier le bois pour les rendre droites avant de les retordre et espèrer qu'elles soient toujours aussi flexibles...
J’avais fièrement décidé d’introduire des lames flexibles dans mon mécanisme afin d’éviter l’utilisation de ressorts (spéciale dédicasse au Professeur Henein). Je trouvais ça très intelligent jusqu’à que je voie comment ils tapaient sur des bandes à scier le bois pour les rendre droites avant de les retordre et espèrer qu’elles soient toujours aussi flexibles…

Jour 3

Mon prototype ressemble de plus en plus aux dessins faits sur mon ordinateur ces dernières semaines, ça m’impressionne. Jusque-là, mon plus gros projet réalisé physiquement, c’est mon robot pour le concours Robopoly qui devait rentrer dans un cercle de 30cm de diamètre. Le Ricycle, c’est pas la même histoire ! Le vélo est surélevé et les roues arrière sont distantes d’un mètre.

Certaines pièces sont très semblables aux dessins que j'ai fournis, d'autres n'ont absolument rien à voir. Tous ont un point commun : un surpoids manifeste qu'en tant que microtechnicienne, je n'avais pas imaginé !
Certaines pièces sont très semblables aux dessins que j’ai fournis, d’autres n’ont absolument rien à voir. Tous ont un point commun : un surpoids manifeste qu’en tant que microtechnicienne, je n’avais pas imaginé !

Plus on avance dans la journée, plus le projet se peaufine. Au début on commence par disposer toutes les pièces au bon endroit, ensuite on les soude en partie (ça pique les yeux !), puis on ajuste en fonction des éléments suivants… au final tout commence à se mettre en place et c’est beau à voir, mon projet est matérialisé sous mes yeux grâce au travail de l’ouvrier. Vu de près, j’ai beau me dire que ça a pas l’air d’être du travail de précision, et quand les pièces « fixées » bougent de près d’un centimètre mon âme de microtechnicienne meurt un peu, je prends un peu de recul et je suis quand même assez fière de mon projet.

Ca commence à ressembler à mes dessins 3D sur l'ordinateur !
Ca commence à ressembler à mes dessins 3D sur l’ordinateur !
La mise en place des éléments est aussi soumise à la précision
La mise en place des éléments est aussi soumise à la précision “à l’indienne”… comme dirait un des profs du stage d’usinage : “mais ya une chiée de décallage !”

J’ai l’impression d’être une cheffe de chantier, arrogante et qui regarde sans participer derrière mes lunettes de soleil. J’ai décidé de me couper du monde avec mes boules quies, et mes oreilles me remercient, mais la communication qui était déjà faiblarde en prend un coup. L’atelier est si bruyant que je me suis fait mal à l’oreille. Et les soudures me piquent toujours les yeux. Je commence à tousser, et me dis qu’au final, avec toutes ces particules d’acier dans l’air, je vais peut-être refaire mes réserves de fer, moi qui suis toujours en déficit ! (vraiment, j’ai un certificat médical qui dit qu’à cause de ça je suis trop fatiguée et ne peux pas me concentrer en cours. Mon certificat préféré !).

Au cours de la journée, de nombreux indiens s’approchent du vélo, essaient de faire tourner une roue, de comprendre comment ça marche… Ils sourient et dandinent de la tête, et mon superviseur leur explique ce que c’est. En Tamil. Je ne suis jamais incluse dans ces conversations, si ce n’est pour un regard ou un hochement de tête.

Les indiens sont curieux de mon projet et semblent heureux de le voir prendre forme.
Les indiens sont curieux de mon projet et semblent heureux de le voir prendre forme.

Malgré la barrière de la langue, je ressens la complicité féminine des ouvrières de l’atelier. Elles sont 5, dont 2 qui travaillent avec les machines. On se regarde, curieuses, et on sourit timidement en dodelinant la tête. Hier, à la pause, elles m’ont demandé si je parlais Tamil. Malheureusement je n’ai pas pris le temps d’essayer d’apprendre. A la pause chai, elles m’indiquent où je peux avoir mon verre et me font signe de m’assoir à côté d’elles. L’une d’entre elles parle un peu anglais et me pose quelques questions. D’où je viens, et pour combien de temps je suis ici. Même si on ne se parle pas, j’apprécie cette main tendue qui me fait me sentir plus acceptée que dans toutes les discussions techniques précédentes où j’avais le semtiment de ne pas exister, ou pire, d’être là pour faire joli.

Jour 4

Le projet prend vie ! Avec une fierté non contenue, j’enfourche ma monture à trois roues, et m’élance dans le chemin qui mène à l’atelier… pour un tour de pédale, avant de dérailler.

Une prière s'impose avant de tester le Ricycle pour la première fois.
Une prière s’impose avant de tester le Ricycle pour la première fois.

Ca y est, le Ricycle a fait ses premiers pas ! Ou plutôt, ses premiers tours de roue. Je n’ose même pas imaginer l’efficacité de la machine, toutes les pièces ont du jeu. Un sacré jeu. On passe la journée à assembler et désassembler les roues arrières, afin d’aligner correctement toutes les pièces et de réduire ce jeu. Peu à peu, les pièces sont soudées en place, alignées avec des cales, et les roues d’ont plus un décalage de 10cm entre elles lorsqu’on essaie de les faire tourner.

Mon superviseur est allé apporter l’axe principal à l’atelier du tourneur pour faire un filetage à chaque extrémité, et les roues arrière sont maintenant serrées en place. Cela permet aussi de faire tourner le vélo, la roue intérieure glisse sur l’axe lorsqu’on tourne le guidon. Enfin, le vélo n’est plus réduit à une trajectoire en ligne droite ! En contrepartie, si on est bloqués, ça glisse aussi, et il faut pousser un peu pour débloquer le Ricycle.

Une étudiante indienne a essayé le Ricycle, et ça a l'air de fonctionner aussi pour elle ! Dans ma conception, j'ai voulu prendre en compte la morphologie des fermières indiennes, qui font en moyenne 1m50, afin que le vélo soit adapté à leur taille.
Une étudiante indienne a essayé le Ricycle, et ça a l’air de fonctionner aussi pour elle ! Dans ma conception, j’ai voulu prendre en compte la morphologie des fermières indiennes, qui font en moyenne 1m50, afin que le vélo soit adapté à leur taille.

A côté de ça, on a construit la caissette où les pousses de riz seront placées, mais avec les changements de dimension de la roue arrière, il va falloir prolonger les liens entre l’axe des roues et l’axe du système transplanteur. Pour ce problème, sans mon ordinateur et mes dessins, je suis perdue, je n’arrive pas à visualiser comment on peut réarranger les pièces facilement pour obtenir le résultat voulu. Heureusement, on passe à autre chose, ce qui me laisse le temps de réfléchir.

Une fois boulonnées en place, ça tourne mieux, et en plus on peut faire des virages !
Une fois les roues boulonnées en place, ça tourne mieux, et en plus on peut faire des virages !

Le vélo avance, mais déraille souvent. Il faut dire que l’alignement est terrible, tout bouge. Petit à petit, en fixant les pièces les unes après les autres, ça va mieux, mais garantir un parallélisme quand tout est fait à l’œil, ça a même pas l’air d’être un problème qui leur vient à l’esprit. On fixe des rondelles pour aligner la chaîne avec le gigantesque pignon à l’arrière, puis ça déraille à l’avant. Mais maintenant on peut pédaler un peu plus longtemps !

Avec l'artisan/ouvrier qui a fabriqué la majeure partie du Ricycle :)
Avec l’artisan/ouvrier qui a fabriqué la majeure partie du Ricycle 🙂

Travaux en cours…

Maintenant, il ne reste plus qu'à fixer le mécanisme de transplantation... et ça va pas être une mince affaire !
Maintenant, il ne reste plus qu’à fixer le mécanisme de transplantation… et ça va pas être une mince affaire !

En 4 jours, on a réussi à fabriquer un vélo-tracteur à peu près fonctionnel… Maintenant le gros du travail est fait, mais le plus difficile est encore à faire : lier ce Ricycle au mécanisme de transplantation et le rendre fonctionnel !