Carnets de Voyage : Diu

Comme j’arrive jamais à prendre le temps de faire des traductions (ni même de publier ce que j’ai de prêt dans mon ordinateur), cette fois ci je vais écrire en français !

Ça fait 5 jour que je suis au nord de l’Inde, dans le Gujarat. Après un mois de voyages dans le sud, j’apprécie le changement de paysages et de températures ! D’ailleurs, en montant au nord, j’espérais vraiment un peu de froid… Pour les nuits, je suis pas déçue mais pendant la journée le thermomètre frise quand même les 30 degrés !

J’avais prévu de passer une journée dans la petite ville portuaire de Diu, et pour cause de week-end, changement de plans et disponibilité des bus je suis restée finalement trois jours ! Bien évidemment, j’avais vu tout ce qu’il y avait à voir au bout d’une journée, pensant partir le lendemain, et au final j’ai eu encore 2 journées de repos forcé, à profiter du calme de cette île.

Vu depuis Diu : la côte du sous-continent et les bateau colorés !
Vu depuis Diu : la côte du sous-continent et les bateau colorés !

Diu est en effet une île, ancienne colonie portugaise et un état séparé du Gujarat. L’influence portugaise se ressent dans l’architecture et le nom des hôtels, autrement c’est toujours très indien mais étonnamment calme ! Les rues sont propres (enfin, relativement au standard indien), il y a peu de traffic et les rues sont vides, mis à part les chiens qui font la sieste au milieu de la route et les vaches qui grignotent les déchets.

Des vaches bosses et des maisons colorées : sympa comme ambiance !
Des vaches à bosse et des maisons colorées : sympa comme ambiance !

Je passe quelques heures à explorer le fort, des ruines de remparts et de tours avec plein de canons. Je passe la plupart de ma visite à éviter les selfies : c’est plein de touristes indiens qui m’ont repéré et veulent tous prendre une photo avec moi ! OK pour les femmes et enfants, pour les hommes je refuse, j’ai entendu des histoires assez malsaines, et ça me met mal à l’aise. Je cache mes cheveux sous mon foulard pour éviter un peu les regards.

J'ai plus de photos avec des inconnus que de photos de moi seule, il suffisait que je m'arrête de marcher pour qu'une horde de touristes se jette sur moi pour demander une photo !
J’ai plus de photos avec des inconnus que de photos de moi seule, il suffisait que je m’arrête de marcher pour qu’une horde de touristes se jette sur moi pour demander une photo !

De retour dans la ville, je m’émerveille devant les couleurs éclatantes des maisons, et les quelques reliques de bâtiments coloniaux. Le mélange entre indien et occidental rend bien, et je trouve un grand plaisir à me promener au hasard des rues. D’habitude, se promener au hasard dans une ville indienne, c’est pas une bonne idée, mais ici je tombe toujours sur quelque chose d’intéressant à voir !

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Au détour d’un chemin, je rencontre des enfants qui veulent que je les photographie. On rigole bien ! Des ados m’appellent de loin pour que je vienne les voir. Elles me montrent leurs tatouages en henné que j’admire : ils sont très détaillés et couvrent tout l’avant bras ! L’une d’entre elles m’ordonne de rester sur place et court chez elle chercher un cône de henné : c’est une sort de pâte à base de plantes qui imprègne la peau d’une couleur marron-rougeâtre, et ça reste en général quelques jours à quelques semaines. En 5 minutes, elle m’a fait un magnifique dessin sur la main. Pour compléter le salon de beauté de rue, elles me peignent les ongles en bleu. De la main gauche seulement, la main droite, on mange avec donc on préfère éviter le vernis !

Salon de beauté improvisé dans la rue ! Après ça les filles m'ont invité chez elles à boire le thé, ravies d'avoir une invitée.
Salon de beauté improvisé dans la rue ! Après ça les filles m’ont invité chez elles à boire le thé, ravies d’avoir une invitée.

J’ai aussi pu visiter des sortes de grottes, au détour d’une promenade. Elles ont été taillées quand les portuguais venaient chercher de la pierre pour leurs contructions, donc il y a des trous un peu dans tous les sens, des ouvertures rectangulaires, des racines qui semblent couler en cascade de ces ouvertures, des ecaliers qui mènent nulle part… Une ambiance vraiment spéciale !

Avec des heures et des heures à “perdre”, j’ai passé du temps assise aux terrasses de restaurant à dessiner et peindre dans mon carnet de voyages. Ça me fait plaisir de retrouver mes aquarelles que j’avais un peu abandonné ces derniers mois !

J’ai aussi passé du temps à la plage, mais malheureusement pas pour me baigner. Diu a quelques plages magnifiques, calmes et propres. Pourtant, personne ne s’y baigne. Quant à moi, j’aurais adoré faire trempette mais de mon expérience des baignades en Inde, je ne voulais pas renouveler ces moments horribles où soudain on se retrouve entourée de dizaines d’indiens qui regardent nos corps comme si on sortait tout droit d’un tournage de film pour adultes. Déjà avec des amis mecs pour m’entourer et me “protéger” je me sentais vraiment mal à l’aise, alors seule, malgré l’appel des plages paradisiaques, j’ai pas voulu aller plus loin que de mettre les pieds dans l’eau.

Malheureusement, pas question de se baigner sur ces magnifiques plages !
Malheureusement, pas question de se baigner sur ces magnifiques plages !

Au moins, ici, les gens sont sympa ! J’ai été choquée (en bien) que personne vienne me harceler à la sortie du bus pour m’arnaquer avec son taxi. D’habitude ça manque pas, et c’est même mission impossible de se défaire d’un chauffeur insistant. A Diu pas une seule fois un chauffeur n’a essayé de me convaincre de monter dans son véhicule. Impressionnant !

Les habitants me sourient par les fenêtres, souvent ébahis de me voir. Les enfant me font des signes timides, les femmes hochent la tête. Presque toujours, ils me disent bonjour (hello ou namaste), souvent ils me demandent comment ça va, et parfois aussi ils me demandent mon nom (“your good name? “) et d’où je viens. Maintenant je ne dis plus que je viens de Suisse, sinon ils sont persuadés que je suis riche. Bon, ici, c’est vrai en quelques sortes… Mais si je dis que je viens de France j’ai moins l’impression qu’ils me regardent comme un compte en banque sur pattes.

Une fois, à la plage, je jouais du ukulele et un gars d’environ mon âge est venu me parler. Il avait les yeux verts, ce qui n’est pas commun en Inde ! On a discuté un peu, et j’ai été agréablement surprise par la tournure de la conversation : tout à fait normale ! Je lui donne le lien de mon compte Instagram (je me suis rendue compte que les indiens aiment bien, comme ça j’ai pas à leur donner mon Facebook), et le soir même, alors que je me disais que finalement certains indiens sont sympa sans paraître pervers/insistants/etc, il m’envoie un message pour me dire combien il me trouvait belle et pourquoi je réponds pas ? Ça fait à peine une heure qu’on s’est rencontrés. Finalement peut être qu’ils sont tous comme ça… C’est vraiment fatiguant !

Malgré tout, sur cette petite île, je me sentais plus en sécurité et moins harcelée que n’importe où ailleurs (excluant les endroits occidentaux comme Auroville), ça fait du bien pour se resourcer ! Je ne savais pas à quoi m’attendre au nord, mais on m’avait dit que c’était pire qu’au sud, niveau regard des homme et harcèlement des touristes… Pour l’instant ça va ! Peut être parce qu’ici il y a tellement peu de touristes qu’ils sont juste méga contents de nous voir, et ne nous considèrent pas comme des distributeurs d’argent.

2 thoughts on “Carnets de Voyage : Diu”

    1. T’en trouves aussi en Suisse des vaches ! Mon sac à dos est déjà un peu trop chargé 😛 Si t’en adopte une nouris la pas de plastique, c’est pas cool ! 🙁

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